Xiaomi, autrefois connu pour ses smartphones économiques, est entré avec brio sur le marché des véhicules électriques. Le SU7 n’est pas seulement un autre véhicule électrique ; c’est un véhicule conçu en gardant à l’esprit les bizarreries de la culture de conduite chinoise. La première demande est explosive – 15 000 précommandes en moins d’une demi-heure – et après un essai routier, on comprend clairement pourquoi. Ce n’est pas simplement une voiture électrique ; c’est une déclaration, un défi aux marques établies, et potentiellement à la « Apple Car » qu’Apple n’a jamais livrée.
La réalité brutale de la conduite assistée en Chine
Le système de conduite hyper autonome (HAD) du SU7 est impressionnant… jusqu’à ce qu’il rencontre le trafic chinois réel. Alors que la voiture se comporte facilement sur l’autoroute, la ville est une autre histoire. L’insistance du système à utiliser les clignotants même lorsque personne ne cède est une démonstration hilarante, mais frustrante, de la façon dont l’IA lutte contre l’irrationalité humaine.
Les routes chinoises fonctionnent selon un ensemble différent de règles non écrites. La signalisation est souvent perçue comme une faiblesse, une invitation aux autres conducteurs à vous couper la route. Le système HAD du SU7, formé sur des données vidéo de la conduite chinoise réelle, semble presque comprendre cela. Il maintient le clignotant allumé indéfiniment, en attendant un changement de voie qui n’arrivera jamais.
Comme l’a dit un habitant de Pékin, l’astuce consiste à signaler un changement de voie à mi-chemin – une décision qui exaspèrerait les conducteurs ailleurs, mais qui fonctionne parfaitement dans la réalité acharnée des autoroutes chinoises. L’intelligence de la voiture est impressionnante, mais naïve. On apprend encore que parfois, la meilleure stratégie est la tromperie.
LiDAR et flocons de neige : les limites de la technologie
Le SU7 dispose de la technologie LiDAR avancée, mais même celle-ci présente des faiblesses. Lors d’une légère chute de neige, le système a rapidement désactivé la conduite assistée en raison d’un « blocage LiDAR ». Cela met en évidence un défaut fondamental des systèmes autonomes actuels : ils privilégient des conditions parfaites plutôt que la facilité d’utilisation pratique.
Bien que le LiDAR soit essentiel pour une cartographie précise, un peu de neige ne devrait pas désactiver les fonctions de base comme le maintien de voie. La voiture devrait être capable de « faire semblant » qu’elle n’a pas de LiDAR lorsque le capteur est compromis, revenant à des modes de conduite assistée plus simples (mais toujours fonctionnels). La mise à niveau vers le LiDAR ne devrait pas se faire au détriment de la fiabilité dans des conditions courantes.
Il s’agit d’un problème logiciel et non d’une limitation matérielle. Le système de Xiaomi doit apprendre à s’adapter, pour offrir une solution de repli lorsque les conditions ne sont pas idéales. Après tout, les autoroutes sont conçues pour être parcourues par tous les temps, et les conducteurs s’attendent à ce que leurs véhicules fonctionnent en conséquence.
Le package complet : une exécution sans faille
Au-delà des bizarreries du système de conduite assistée, la SU7 est une voiture remarquable. La maniabilité est précise, le châssis est solide et l’intérieur est bien conçu. Il s’agit d’un produit raffiné qui rivalise et surpasse ses concurrents comme le modèle 3 de Tesla en termes de valeur et d’exécution globale.
Une journaliste américaine a récemment conduit le SU7 et a déclaré qu’elle ne voulait plus acheter de voitures américaines. Ce sentiment est de plus en plus courant. Le SU7 offre un niveau de raffinement et des fonctionnalités que de nombreux véhicules électriques occidentaux ne peuvent tout simplement pas égaler à son prix.
Xiaomi a également intelligemment inclus Apple CarPlay, reconnaissant que son écosystème n’est pas aussi dominant à l’étranger. Il s’agit d’une démarche pragmatique, reconnaissant les préférences des acheteurs internationaux.
Une nouvelle norme en matière de personnalisation
Le SU7 introduit également une fonctionnalité unique « IFTTT » (If This, Then That), permettant aux conducteurs de créer des règles d’automatisation personnalisées. Vous souhaitez que la climatisation s’allume, que le diffuseur de parfum s’active et que votre chanson préférée joue dès que vous attachez votre ceinture ? Aucun problème. Vous pouvez même partager ces paramètres personnalisés avec d’autres personnes à l’aide de codes de partage.
Ce niveau de personnalisation est rare dans le monde automobile. Cela témoigne de l’expertise logicielle de Xiaomi et de sa volonté d’adopter la personnalisation des utilisateurs.
En conclusion, la Xiaomi SU7 n’est pas seulement une voiture électrique ; c’est un produit de son environnement. Il comprend le chaos des routes chinoises, les caprices de ses conducteurs et le besoin à la fois d’une technologie de pointe et d’une fiabilité pratique. C’est une alternative convaincante aux marques établies et un signe que Xiaomi souhaite sérieusement perturber l’industrie automobile. La question n’est pas de savoir si la SU7 est une bonne voiture ; il s’agit de savoir si d’autres constructeurs automobiles s’adapteront au même niveau d’efficacité impitoyable.


























