La catégorie des supercars modernes a officiellement fêté ses 60 ans cette semaine, marquant l’anniversaire de la présentation de la Miura de Lamborghini au Salon automobile de Genève 1966. Même si les véhicules haute performance existaient auparavant, la Miura n’était pas seulement rapide : elle a fondamentalement remodelé ce que pourrait être une voiture performante.
Le paysage pré-Miura : un monde de GT rapides
Avant 1966, la vitesse était déjà une priorité. La 275 GTB de Ferrari a atteint 250 km/h et Lamborghini elle-même a produit des V12 GT rapides. Même des modèles à moteur central existaient, comme les Porsche 550 et 718 et l’ATS 2500 GT. Cependant, ceux-ci étaient souvent dérivés de modèles de course. La Miura s’est distinguée en étant conçue comme une voiture de route avant tout, une distinction cruciale pour son impact.
La percée de Miura : performances d’emballage et luxe
La Miura n’était pas seulement plus rapide ; il combinait des performances extrêmes avec un design scandaleux et des équipements de luxe complets. La carrosserie de Marcello Gandini représentait un changement radical, privilégiant les proportions des voitures de course tout en offrant un intérieur entièrement aménagé. Elle était équipée d’un V12 à quatre arbres à cames produisant 345 ch, soit nettement plus que des concurrents comme la Ferrari 275 (297 ch), et atteignait une vitesse de pointe alors inégalée de 170 mph.
La Miura n’était pas seulement une voiture rapide ; elle a été la première à offrir des performances sans compromis avec du luxe, établissant ainsi une nouvelle norme pour les supercars.
Certains attribuent à Leonard Setright, critique britannique du Car Magazine, le mérite d’avoir inventé le terme « supercar » après son premier trajet, même s’il a fallu du temps pour qu’il devienne courant. La Miura représentait un bond en avant si spectaculaire qu’elle méritait sa propre catégorie.
Les successeurs de la Miura : Countach et au-delà
L’impact de la Miura est débattu. Certains soutiennent que la suite, la Countach, a cimenté l’image de la supercar avec son design agressif et ses portes ciseaux. D’autres considèrent la McLaren F1 comme la véritable révolution, avec ses performances et sa science des matériaux inégalées. La F1 a brouillé les lignes, menant finalement à la désignation « hypercar » – essentiellement une « super-supercar » – mais son influence est indéniable.
Honda NSX : Démocratiser la Supercar
La Honda/Acura NSX mérite également d’être reconnue pour avoir rendu les supercars plus accessibles et plus fiables, inspirant même des géants de l’industrie comme Gordon Murray dans le développement de la F1. Il a prouvé que les hautes performances ne nécessitaient pas de sacrifier la convivialité.
La plus grande supercar : une question ouverte
La question demeure : quelle supercar est la plus haute après 60 ans ? Était-ce la Miura, pour son impact original ? La Countach, pour son style iconique ? La McLaren F1, pour sa domination technologique ? Ou la NSX, pour sa convivialité ? La réponse est subjective, mais le rôle de la Miura en tant que modèle fondateur est incontestable.
L’héritage de la supercar continue d’évoluer, mais tout a commencé avec un audacieux V12 italien qui a redéfini ce que pouvait être une voiture de performance.


























