Au début des années 1990, Subaru était une marque définie par ses excentricités. De la Subaru XT aux allures de flipper à l’excentrique Justy, le constructeur n’avait pas peur d’être « bizarre ». Cependant, aucun véhicule dans leur histoire n’a autant captivé l’imagination (ou la confusion) que la Subaru SVX.
Conçu comme un véhicule de grand tourisme de haute technologie, le SVX était une tentative de prouver que Subaru pouvait maîtriser le luxe et la performance tout aussi efficacement qu’elle maîtrisait l’aspect pratique et robuste. Même si elle n’a finalement pas réussi à trouver un marché de masse, elle reste l’une des expériences automobiles les plus distinctives de son époque.
Design : L’esthétique “Batmobile”
La caractéristique la plus frappante du SVX était sa silhouette, façonnée par le légendaire Italdesign de Giugiaro. La voiture comportait une serre de style « auvent » avec des fenêtres qui s’incurvaient voluptueusement dans le toit, créant un intérieur semblable à une véranda.
Pour que cette conception radicale fonctionne, les ingénieurs ont dû résoudre un problème pratique : les portes longues et peu profondes ne pouvaient pas accueillir de grandes vitres simples. La solution était un système unique de fenêtre dans une fenêtre. Une grande vitre statique confère un aspect élégant, tandis qu’une vitre mobile plus petite permet la ventilation et la circulation de l’air. Alors que les spectateurs comparaient souvent la voiture à la « Batmobile », le design offrait un environnement de conduite lumineux et joyeux qui ressemblait davantage à un cockpit haut de gamme qu’à un coupé standard.
Performances : une grande routière sophistiquée
Sous sa peau non conventionnelle, le SVX était une machine sérieuse. Il était propulsé par un moteur six cylindres à plat de 3,3 litres produisant 230 chevaux, un précurseur sophistiqué des moteurs que Subaru perfectionnerait au cours des décennies suivantes.
Les principales caractéristiques de performance comprenaient :
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Manipulation raffinée : Le SVX offrait une expérience de conduite comparable à celle de la Lexus SC ou de la Toyota Supra, équilibrant le confort et la présence importante sur la route.
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Transmission avancée : La transmission 4EAT était équipée d’un embrayage intelligent capable d’une répartition sophistiquée du couple.
- Highway Dominance : La voiture a été conçue pour l’autoroute. À 80 mph, le moteur tournait à 2 700 tr/min, ce qui en faisait un véhicule de croisière longue distance idéal.
- Qualité de construction : Même lors de tests rigoureux à long terme, le châssis est resté remarquablement silencieux et sans cliquetis, possédant une solidité structurelle rappelant celle d’une coque de sous-marin.
Le paradoxe du marché : pourquoi il a échoué
Malgré ses mérites techniques et son look saisissant, le SVX n’a jamais connu le succès commercial envisagé par Subaru. L’entreprise espérait vendre 10 000 unités par an, mais la réalité n’a pas été à la hauteur :
– Ventes 1992 : 3 667 unités
– Ventes 1993 : 3 859 unités
Le SVX occupait un créneau difficile. C’était trop « bizarre » pour les acheteurs de luxe traditionnels et peut-être trop spécialisé pour ceux qui recherchent un coupé sport standard. Il s’agissait d’un « Je vous salue Marie » de la part d’une équipe d’ingénieurs et de designers qui voulaient repousser les limites de ce que pouvait être une Subaru.
Conclusion
La Subaru SVX reste un fascinant « et si » dans l’histoire de l’automobile : une grande routière de haute qualité et magnifiquement conçue qui a prouvé que Subaru avait le talent pour rivaliser dans le segment du luxe, même si le marché n’était pas tout à fait prêt pour sa vision radicale.
