Le PDG d’Audi, Gernot Döllner, a signalé un changement stratégique, reconnaissant que les moteurs à combustion interne (ICE) resteront une partie importante de la gamme de l’entreprise jusque dans les années 2030. Cette décision intervient alors que la transition vers les véhicules électriques (VE) ralentit sur les marchés clés, en particulier aux États-Unis, où la demande a été freinée par les changements politiques et les préférences des consommateurs.
Les réalités du marché déterminent la stratégie
L’industrie automobile prévoyait initialement une transition rapide vers les véhicules entièrement électriques d’ici le milieu des années 2020, mais cette transition est au point mort. La suppression des crédits d’impôt fédéraux pour les véhicules électriques aux États-Unis fin 2025 a considérablement ralenti les ventes, incitant les constructeurs automobiles à réévaluer leurs délais d’électrification.
Döllner a déclaré : “Les concepts de transmission vont certainement revenir à la [combustion interne]. C’est ce que nous voyons en ce moment, et je ne sais pas si l’électrique à batterie reviendra aussi rapidement.” Il ne s’agit pas d’un rejet total des véhicules électriques ; il s’agit plutôt d’une réponse pragmatique aux forces du marché. Audi continuera à perfectionner ses groupes motopropulseurs ICE existants avec une hybridation accrue, garantissant ainsi une flexibilité adaptée à la demande des consommateurs.
Disparités mondiales et flexibilité
Le paysage des véhicules électriques varie considérablement selon les régions. Alors que la Chine et l’Europe progressent vers l’électrification, les États-Unis maintiennent une forte préférence pour les SUV et les camionnettes à essence. Cette divergence signifie qu’une approche universelle est intenable.
Döllner souligne l’importance de l’adaptabilité : “Les marchés sont si dynamiques… les États-Unis ont ces segments robustes des SUV et des pick-up, et un paysage de consommation assez lourd en ICE. La Chine est en avance dans le domaine de l’électrique à batterie… Il y a beaucoup de dynamiques, donc il n’est pas trop facile de dire où la route va.” Audi a donc abandonné son projet antérieur de passer au tout électrique d’ici 2033, reconnaissant la nécessité d’une stratégie plus nuancée.
Décisions futures concernant la plateforme
Audi poursuivra le développement de ses plates-formes ICE actuelles avec davantage d’hybridation. Cependant, une décision cruciale se profile au début des années 2030. Si la forte demande de moteurs à gaz persiste, notamment aux États-Unis, l’entreprise pourrait investir dans une plateforme ICE de nouvelle génération.
Les segments des voitures compactes, stimulés par les réglementations européennes et chinoises, devraient passer au tout électrique d’ici le début des années 2030. Le reste dépendra du comportement des consommateurs. Döllner estime que le maintien de plates-formes distinctes pour les véhicules électriques et les véhicules ICE constitue l’approche la plus efficace, évitant les compromis en matière de conception et de performances.
Perspectives des supercars et des SUV
Audi évalue également de nouveaux modèles, dont un successeur potentiel à la supercar R8. Bien que cela ne soit pas confirmé, Döllner a reconnu la possibilité d’une voiture de sport hybride propulsée par un V8, potentiellement sous un nouveau nom. La société envisage également un SUV tout-terrain basé sur la plate-forme Scout, reflétant la forte demande de véhicules robustes aux États-Unis.
➡️ La volonté d’Audi de s’adapter aux conditions changeantes du marché démontre son engagement envers la viabilité à long terme. En conservant de la flexibilité dans sa stratégie de motorisation, l’entreprise vise à naviguer dans la transition incertaine vers la mobilité électrique sans s’aliéner sa clientèle principale.
